Un jeune séminariste sera admis dimanche 23 juin 2019, en la cathédrale de Bayonne, au sacerdoce. L’occasion d’évoquer la vie du diocèse de Bayonne avec Mgr Marc Aillet.

Dimanche 23 juin 2019, aura lieu en la cathédrale de Bayonne la messe des jubilaires pour 12 prêtres qui célèbrent entre vingt-cinq et soixante ans de sacerdoce. Au cours de la même cérémonie, un jeune séminariste sera admis comme candidat au sacerdoce. L’occasion de faire le point avec Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, sur la vie du diocèse qu’il préside.

« Sud Ouest  ». De combien de paroisses est composé le diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron ?

 

Mgr Marc Aillet. Il compte 69 grandes paroisses réparties en cinq zones. Il y en a deux au Pays basque, entre la côte et l’intérieur, et trois en Béarn avec Pau, le Béarn sud et ouest et le Béarn nord et est. Autrefois, il y avait plus de 600 paroisses. Une par clocher. Mais à la suite du Synode de 1992, une recomposition est intervenue en 1998.

Combien y a-t-il de prêtres en activité sur le diocèse ?

Il y a 143 prêtres. Longtemps, ce diocèse a été très dynamique. Il a connu plus tard que d’autres la crise des vocations. Depuis mon arrivée, il y a un peu plus de dix ans, j’aurai ordonné 17 nouveaux prêtres, dont trois le 29 juin prochain.

Comment parvenez-vous à faire face à cette pénurie de vocations ?

Nous avons recours à des prêtres fidei donum (prêtres d’autres diocèses, autorisés par leur évêque à exercer pendant quelques années dans un autre diocèse, NDLR). Ils viennent de différents pays, notamment du continent africain. Ce qui nous donne un clergé beaucoup plus bigarré. Ce qui fait aussi sa richesse.

Pour favoriser les vocations, j’ai aussi rouvert, en 2009, le séminaire de Bayonne, qui avait été fermé en 2005. Je m’appuie aussi sur les communautés religieuses, dont celle de Saint-Martin à Biarritz, d’où je suis issu, ou la fraternité Saint-Thomas-Becket.

 "J’ai eu le sentiment parfois de ne pas être bien compris"

À quoi attribuez-vous ce manque de vocations ?

Nous avons été très soucieux de prendre à bras-le-corps les problèmes de la société. Peut-être au détriment du message de l’Évangile, qui reste notre cœur de cible. Nous n’avons peut-être pas su suffisamment porter notre message dans le monde séculier.

Vous avez vous-même pris des positions sur le mariage pour tous, la GPA et la PMA. Dans quel but ?

Je crois que nous pouvons intervenir dans ces débats. Je l’ai fait, mais sans jamais stigmatiser les personnes. Je crois que la foi éclaire aussi la société. Et lorsqu’on a des convictions, il n’y a pas à en être gêné. Je pense avoir une parole qui peut éclairer, même si j’ai eu le sentiment parfois de ne pas être bien compris. J’avais cru utile de le faire en utilisant les tweets, à l’époque limités à 140 signes. Je ne le fais plus beaucoup aujourd’hui. Ce qui ne m’empêche pas d’intervenir dans le débat public, puisque nous sommes dans une société où tout le monde a le droit de s’exprimer, parfois même sans avoir réfléchi.

Je crois possible d’avoir un débat serein et qu’on peut accepter que j’aie des opinions différentes. Néanmoins, la priorité est de porter le message de l’Évangile. On sent bien que beaucoup de gens ont besoin d’un message d’espérance. À ses débuts, le mouvement des gilets jaunes l’a montré. Les gens exprimaient un besoin d’espérance.

Au Pays basque, le clergé a été moteur pour la défense de la culture et de la langue. Est-ce le cas aujourd’hui ?

La langue basque est toujours utilisée dans la liturgie dans certaines paroisses de l’intérieur du Pays basque. Pour l’Ascension, j’ai ordonné deux diacres bascophones et, au séminaire, des cours de basque sont dispensés. Mais il faut aussi observer que ce pays attire beaucoup de gens venus de l’extérieur, particulièrement sur la côte.